Evangile selon Saint Matthieu

paragraphe 1.1 point 2


texte original

2 Die Bezeichnung „der gesalbte“, „der Messias“ stammt aus messianisch gedeuteten stellen wie Ps 2,2;18,51;20,7;89,52;132,17;1 Sm 2,10;2 Sm 22,51; Wenn die altjüdische gemeinde hier von dem „gesalbten Jahves“ las, gegen den die Völker sich zusammenrotten werden, und dessen Hilfe Gott sein wird – an wen sollte sie dabei denken, wenn nicht an dem könig der heilsgeschichtlichen endzeit ? so wurde der ausdruck maschiach wie von selbst zur kürzesten bezeichnung des erwarteten erlöserkönigs.

Ps 2,2 TanchB נח : R. Aibo (um 320) hat im namen des R. Eliezer b. Jose des Galiläers (um 150) gesagt : an drei stellen (der schrift) bilden die, welche in die welt kommen, eine partei gegen Gott. Einmal in den tagen Josuas, Jos 9,2 „da taten sich zusammen (alle könige) allzumal, um mit Josua und Israel einmütig zu kämpfen“. Was heißt « allzumal » ? Daß sie gegen Gott eine Partei bildeten. Dann in den Tagen Gogs und Magogs (also in der messianischen Zeit), Ps 2,2 : „Die Könige der Erde stellen sich auf und die fürsten sitzen zusammen wider Jahve und wider seinen Messias“. Endlich hier, Gn 11,1 : „Es hatte aber die ganze Erdbevölkerung eine sprache und einerlei worte“ || Berakh 7b : R. Jochanan (T 279) hat in namen des R. Schimeon b. Jochai (um 150) gesagt : schlimmer ist schlechte zucht im hause eines menschen als des Krieg Gogs und Magogs (in der messianischen Zeit). Denn es heißt, ps 3,1 : « ein Lied von David, da er vor seinem sohn absalom floh“, und hinterher steht geschrieben (vers 3) : „wie viel sind meiner dränger ! viele stehen auf wider mich“ und siehe , beim Kriege Gogs und Magogs heißt es, Ps 2,1f : „warum toben die Heiden“ usw ? (David mußte fliehen, die Worte der Heiden bleiben nur worte). || AZ3b Wenn sie (die proselyten der messian. Zeit) den Krieg Gogs und Magogs sehn werden, werden sie zu diesen sagen : Warum seid ihr gekommen ? Sie werden antworten : gegen Jahve u. seine Messias (sind wir gekommen), s. Ps 2:1 „Warum toben die Heiden“ usw ? || Pesiq 79a : R. Levi (um 300) hat gesagt : auch Gog u. Magog werden dereinst (in der messian. Zeit) also sagen : töricht sind die früheren gewesen, daß sie sich mit schlimmen plänen gegen Israël erhoben haben, ohne zu bedenken, daß diese einen Schutzherrn im Himmel haben. Ich werde nicht tun, sondern zuerst werde ich mich an ihren Schutzherrn u. hinterher an sie selbst machen; das meint Ps 2,2 „die Könige der erde stellen sich auf u. die fürsten sitzen zusammen wider Jahve u. seine messias“. – Dasselbe Lv R 27 (126b); TanchB אמור ; Midr ps 2,4 (13b); Midr Esth 3,12(97b).

traduction proposée

La désignation « l’oint », « le Messie » provient des interprétations messianiques comme dans Ps 2:2, 18:51, 20:7, 89:52, 132:17, 1 Sm 2:10, 2 Sm 22:51. Lorsque les anciennes communautés juives lisaient ici sur « l’oint de Yahvé », contre qui les peuples se seront rassemblés, et qui aura son aide de Dieu, pouvaient-ils ne pas penser, à propos du roi du salut lors des temps de la fin de l’histoire ? Alors l’expression « maschiah » devint d’elle-même l’expression la plus courte pour ce roi sauveur attendu.

Ps 2,2 : TanchB נח : R. Aibo (vers 320) a dit au nom de R. Eliezer b. Jose le Galiléen (en 150) : l’Écriture décrit trois étoiles, qui vont advenir dans le monde, comme opposition contre Dieu. Lors des jours de Josué, Jos 9:2 « alors ils se réunirent ensemble (les rois), pour combattre Josué et Israël unanime ». Que signifie « unanime » ? Pour constituer un parti contre Dieu. Ensuite dans les jours de Gog et Magog (également aux temps messianiques) Ps 2,2 : « les rois de la terre se réuniront contre Jahve et contre son Messie ». Enfin ici, Gn 11:1 : « Mais il y eut dans le monde entier une parole semblable ». || Berakh 7B : R. Jochanan (mort 279) a dit au nom de R. Symeon b. Jochai (vers 150) : une mauvaise descendance est plus mauvaise pour la maison d’un homme que la guerre de Gog et Magog (au temps messianique). Car il est écrit, Ps 3:1 : « un psaume de David, lorsqu’il fuyait son fils Absalom », et plus loin (au verset 3) il est écrit : « Mes ennemis sont nombreux. Beaucoup se dressent contre moi » et vois, pendant la guerre de Gog et Magog on nomme cela , Ps 2:1 « pourquoi les païens enragent » etc ? (David devait fuir, les mots des païens ne restaient que des mots). || AZ3b : lorsqu’ils (les prosélytes des temps messianiques) verront la guerre de Gog et Magog, ils leurs diront : pourquoi êtes vous venus ? Ils répondront : contre Yahvé et son Messie (nous sommes venus), v. Ps 2:1 « pourquoi les païens enragent etc ? ». || Pesiq 79a : R. Levi (vers 300) a dit : on disait aussi jadis de Gog et Magog (dans les temps messianiques) : les plus libres sont devenus stupides, car ils ont prévus un plan mauvais contre Israël, sans considérer qu’ils ont un protecteur dans le ciel. Je ne ferai rien, sans agir d’abord comme votre protecteur et derrière ils feront de même. C’est ce que signifie Ps 2:2 « les rois de la terre se préparent et les princes s’unissent contre Yahvé et son Messie » - Identique Lev R 27 (126B) ;Tanch אמור ; Midr ps 2,4 (13b); Midr Esth 3,12(97b).




Commentaire/Analyse

S&B rappellent à juste titre que la désignation de « Messie » est (quasi)totalement liée à l’interprétation des Écritures. En effet, au sens le plus littéral du terme, un messie est un oint, quelqu’un qui reçoit une onction. Il y a donc plusieurs messies dans ce premier sens littéral, tel que Cyrus, l’empereur perse. Le titre peut donc être donné à plusieurs personnes à cause des différentes strates d’interprétation du terme. Mais il est évident qu’il y a une différence entre « messie » et « le Messie », entre oint, et l’oint. Ceci avait déjà été abordé dans une analyse précédente sur S&B, je n’y reviens pas.

Cette interprétation des Écritures est principalement liée à des passages dans les psaumes, et aux livres prophétiques ou historiques selon qu’on étudie dans un contexte de judaïsme d’expression sémitique ou hellénophone. En effet, les livres tels que Samuel, Roi, Josué, sont considérés comme prophétiques dans le découpage massorétique du Tanakh et historiques dans le découpage rabbinique alexandrin de la Septante. J’insiste à dessein sur le caractère rabbinique de la Septante. La LXX est une traduction rabbinique antérieure au Christ et à Son Église. C’est une production 100% juive, 100% rabbinique. Les autorités rabbiniques l’ont rejeté ultérieurement parce que le texte de la LXX devenait celui de référence dans l’Église naissante, parce qu’il pointait de façon stupéfiante vers le Christ. Mais revenons au Messie.

On trouve les traces des développements herméneutiques sur le Messie dans divers psaumes. Premier psaume étudié ici, le psaume 2. Ce psaume expose très concrètement un contexte guerrier, où le Messie est attaqué par toutes les nations et où il sort vainqueur d’un affrontement titanesque grâce à l’aide de Dieu. Le contexte donne rapidement des accents eschatologiques au texte. C’est de ce genre de texte, de vision, de pensée que sont issus les divers textes apocalyptiques dans la littérature juive au sens large (et donc chrétienne). On voit dans les extraits sélectionnés par S&B, que les temps messianiques sont intimement liés à un conflit nommé « guerre de Gog et Magog », qui provient de contexte prophétique (Ezekiel 38-39 et Apo 20). L’identification de ce conflit et de ces royaumes est très difficile, mais une forme de consensus indique une guerre de plusieurs royaumes en Syrie, ce qui fait tout de même penser à la situation actuelle… Premier élément donc du portrait robot de notre Messie : c’est un guerrier qui remporte une victoire éclatante contre tous les royaumes du monde, qui se sont ligués contre lui. Ces accents de triomphe expliquent aisément la difficulté de nombreux juifs, du temps de Jésus ou après, à considérer que Jésus de Nazareth était ce grand guerrier. L’erreur d’appréciation ici est de confiner la guerre au sens large au terrain exclusivement militaire. La guerre contre les passions est une guerre terrible, mais qui a pour théâtre d’opération l’âme et l’esprit de l’homme. Et la guerre contre la mort, est pour l’instant la seule guerre pour laquelle le Christ a remporté une victoire dont nul ne peut se vanter, par sa glorieuse résurrection.

A noter que dans ce psaume 2, il est question de l’origine du Messie : « en ce jour je t’ai engendré » traduit-on le plus souvent. Certains commentaires patristiques ont ainsi établi des logiques trinitaires, des logiques de filiation. On voit ici, que la dimension messianique de la littérature rabbinique (si les choix de S&B sont exhaustifs) ne prend pas en compte la problématique de l’origine, mais plutôt l’action du Messie face aux nations du monde.