Evangile selon Saint Matthieu

paragraphe 1.1 point 2


texte original

Ps 18,51. pBerakh 2,5a,10 : die rabbinen sagten : dieser könig, der messias אחן מלכא משיחא wird, ob er von den Lebenden oder von den Entschlafenen sein wird, David heißen. R. Tanchuma (um 380) sagte : ich will den Schriftgrund sagen : „der gnade erzeigt seinem Messias, David“ ps 18,51. Dasselbe Midr KL 1,16(59a); als autor des eingangssatzes ist hier R. Schemuel b. Jiccaq (um 300) gennant.

Ps 20,7 : Midr HL 4,8 (114b) : R. Jehoschua b. Levi (um 250) hat gesagt : wenn (der könig) hiskia ein lied über den Sturtz Sanheribs gesungen hätte, so wäre er zum König , dem Messias, מלך המשיח geworden, u. Sanherib zu Gog u. Magog. Aber er tat nicht also, sondern sagte, ps 20:7 : „nun weiß ich, daß Jahve seinme Messias hilft“ usw. Was steht hnterher geschrieben ? „Jahve, hilf dem Könige (hier heißt es also nicht mehr : „dem Messias“, die Würde war verscherzt). Er erhöre uns an dem tage, da wir rufen“ (das. Vers 10).

traduction proposée

Ps 18:51. pBerakh 2,5a,10 : les rabbins disaient : ce roi, sera le Messie אחן מלכא משיחא, régnera sur les vivants ou sur les endormis, sera nommé David. R. Tanchuma (vers 300) disait : je veux donner la signification de l’Écriture : « la miséricorde montre son Messie, David » ps 18:51. Identique Midr KL 1,16(59a) ; comme auteur du début de la proposition, on nomme ici R. Schemuel b. Jiccaq (vers 300).

Ps 20:7 : Midr HL 4,8 (114B) : R. Jehoschua b. Levi (vers 250) a dit : Si (le roi) Ezekias avait chanté un psaume pour la chute de Sanherib, il serait devenu le Roi, le Messie, מלך המשיח et Sanherib remplissait le rôle de Gog et Magog. Mais il ne fit pas ainsi, mais dit, Ps 20:7 « je sais seulement que Yahve aide son Messie » etc. Qu’est-ce qui était écrit ensuite ? « Yahve, aide des rois (ici il n’est nommé que comme « du Messie », la dignité était perdue) Il nous exauce au jour où nous l’appelons » (ident. Vers 10).




Commentaire/Analyse

l’herméneutique rabbinique est merveilleusement illustrée ici. J’ai réuni les psaumes 18 et 20 en un seul article, mais il y a une matière abondante. Pour le psaume 18, nous sommes toujours influencé par la ponctuation, ce qui rend le propos du rabbin plus mystérieux. Si vous regardez les manuscrits vétéro-testamentaires (ou néo-testamentaires) l’écriture est systématiquement en majuscules non ponctuées. C’est au lecteur de placer les virgules, les points, les points-virgules, les points d’exclamation. C’est même à lui de placer les blancs entre les mots. C’est pour cela qu’il est classique dans l’herméneutique rabbinique de procéder à des découpages « arbitraires » pour faire jaillir des sens nouveaux, même s’il n’existe bien évidemment, qu’une seule lecture publique traditionnelle. Ainsi, les mots Messie et David ne sont pas bibliquement séparés par une virgule. Ils se suivent immédiatement. On peut donc choisir de lire que David est Messie, qu’il s’agit de son titre. Mais puisque l’histoire nous est témoin, nous savons que David n’est pas le Messie, ne serait-ce que pour l’épisode Bethsabée. Ainsi, Messie n’est pas une indication sur David, mais David est une indication sur Messie. C’est son nom. Il sera, entre autre, appelé David. Ce sera un nouveau David. C’est en ce sens qu’il faut comprendre fils de David. C’est aussi quelque chose qui peut aider à comprendre (un peu), du point de vue trinitaire, ce que signifie « Fils de Dieu ».

Le psaume 20 dévoile pour les rabbins un épisode fameux du point de vue historique et talmudique. Le fameux roi Ezekias a failli être le Messie, et le Talmud s’en fait l’écho, lorsqu’un rabbin dit qu’il l’a été. Ezekias fut un roi tellement grand, tellement immense, tellement serviteur de Dieu que certains se sont posés la question de sa messianité. Et c’est l’épisode face à Sannecherib, relatés dans 2 Ro 18-19 qui scelle son destin de simple mortel. En effet, la situation militaire face aux assyriens était inextricable. Jérusalem assiégée allait tomber dans leurs mains. La situation était perdue. Que fait le souverain ? Il prie Dieu, puis part se coucher. Attitude déroutante pour ceux qui pense que les destinées humaines sont dans les mains des hommes. Attitude impressionnante pour ceux qui savent que Dieu dirige tout, mais qui ne parviennent pas à réaliser ce fameux lâcher prise. Au petit matin, lorsque le roi Ezekias sort du sommeil, pratiquement tous les assyriens sont morts d’un virus foudroyant et les rares survivants lèvent le camp. Des tablettes archéologiques témoignent ce fait inexplicable côté assyrien. Que fait Ezekias ? il ne rend pas grâce pour cela. C’est une faute, et le Messie ne peut chuter, d’aucune façon. Ainsi, pour ce rabbin, c’eut été la fin des temps. Sannecherib, roi d’Assyrie pouvait parfaitement remplir celui de Gog et Magog. Mais il n’en fut rien.