L'Eglise Orthodoxe officielle de Roumanie : partie 6 (fin)

Histoire de l’Eglise Orthodoxe officielle de Roumanie - partie 6 - BOR depuis la chute du communisme
Ainsi nous avons vu que BOR via ses hiérarques avait été misérable dans son action sous le joug communiste, mais également misérable dans la façon dont elle a considéré son passé. Nous allons finir avec les deux plus grands problèmes actuels de BOR.
BOR comme outil de la géopolitique roumaine en Moldavie
Le premier problème est la façon dont BOR se fait sur le terrain, le relais de la géopolitique roumaine et des intérêts de l’état roumain. Tout ceci est ô combien éloigné du pourquoi le Christ a fondé son église. Mais BOR et le Christ, tout ceci n’est pas très lié. On le voit le plus clairement dans la problématique de la juridiction de BOR en république de Moldavie, avec le cas historique de la Bessarabie et le cas plus récent de la Transnistrie. En 1990, les roumains et les moldaves de la république de Moldavie n’ont pas pu, ou pas voulu, ou pas réussi à réunir les deux entités politiques en une seule. Ainsi il y a la république de Roumanie, qui contient une province appelée Moldavie, avec Iasi comme capitale régionale, et il y a la république de Moldavie, située entre l’Ukraine et la Roumanie, avec Chisinau comme capitale. La Moldavie est aussi dans l’orbite européenne, mais a une histoire davantage liée à la Russie, si vous vous souvenez de la conquête russe de 1812. Ainsi, la société civile de la république de Moldavie est bi culturelle : russe et roumaine. Nombreux sont les moldaves à parler les deux langues. Se heurtent ici deux visions historiques du temps long : l’histoire roumaine de la continuité dace, qu’on appeler « dacisme » et la vision russe d’une spécificité linguistique et ethnique moldave, qu’on peut qualifier de « moldavisme ». En 1992, pour se conformer aux volontés de retour à la grande Roumanie des élites politiques roumaines, BOR a réorganisé ses diocèses pour inclure un diocèse en république de Moldavie, ce qui a poussé certains moldaves roumanophones à quitter l’orbite de BOR pour rejoindre un synode local qui soit plus en accord avec la vision du « moldavisme ». Le cas de la Transnistrie vient encore compliquer une situation déjà compliquée. Il s’agit de la république de Tiraspole, la partie orientale de la république de Moldavie, qui a proclamé son indépendance. Cette autonomie est soutenue par BOR, afin d’affaiblir la république de Moldavie, alors que cette zone géographique fut très peu roumanophone, uniquement lors de l’avancée des troupes d’Antonescu alliées au nazis contre les soviétiques. Que peut-on conclure de cela ? BOR ici est un supplétif de l’état roumain. Une église devrait être une source de paix, d’unité, d’apaisement. La situation en république de Moldavie est maintenant terriblement confuse du point de vue ecclésiastique. Si on se met à la place du citoyen moldave, il a tout un ensemble de diocèses qui se superposent, en contradiction flagrante avec les canons du concile de Nicée qui demande un évêque par diocèse. Ici, les roumains et les russes sont médiocres en miroir : les russes disent : cette zone fut russe un jour, donc il y a un évêque russe dépendant de Moscou. Cette structure s’appelle église orthodoxe de Moldavie. Les roumains disent : cette zone fut roumaine donc il y a un évêque roumain dépendant de Bucarest. Cette structure s’appelle la métropole orthodoxe de Bessarabie. Les deux structures se sont d’ailleurs fait un procès qui a été jusqu’à la CEDH. Le litige portait sur le droit de la métropole dépendant de Bucarest à s’imposer en Moldavie. La CEDH a jugé sur le critère de la liberté religieuse, ce qui est hallucinant puisqu’il s’agit de la même religion normalement. C’est la version moderne de Paul qui constate dans une communauté ceux qui sont chrétiens par Pierre ou par Paul, et qui oublient le Christ. BOR connait les canons du concile de Nicée. BOR sait que ce qu’elle fait n’est pas conforme à l’ecclésiologie orthodoxe. Mais BOR n’est pas là pour la vérité du Christ sur terre. En premier lieu, BOR représente les intérêts de l’état roumain. Et l’état roumain lorgne sur la Moldavie depuis la chute du communisme.
BOR et la franc-maçonnerie après 1989
Deuxième et ultime problème, qui sera une façon de boucler la boucle : la franc maçonnerie. Acteur majeur de la phase avant le communisme, la franc maçonnerie est de nouveau un acteur majeur de la phase actuelle. Le numéro 2 de la maçonnerie roumaine était diacre dans BOR lorsque le scandale de cette double appartenance fut révélé. Cela montre le caractère incestueux de la relation entre les deux structures que normalement tout doit séparer. Le diacre Cătălin Tohăneanu, une fois l’affaire révélée, s’est vu retiré ses diplômes par le patriarche Daniel. Vous avez bien lu. Il s’est vu retiré ses diplômes. On voit cette décision par la voix officielle du patriarcat roumain https://basilica.ro/arhiepiscopia-bucurestilor-retrage-distinctia-acordata-diaconului-catalin-tohaneanu-in-2022/
Ce diacre est donc toujours diacre. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. Les journalistes, aussi serviles qu’on puisse l’être, parlent d’une décision radicale du patriarche Daniel. Beaucoup font référence à un document de 1937 qui interdit la double appartenance et qui condamne la franc maçonnerie. Quand on sait que Miron Cristea était le patriarche de l’église qui a pris cette décision, on se doute bien qu’il s’agit d’une aimable plaisanterie. Cette interdiction ne s’est accompagnée, pour aucun hiérarque d’alors, d’une métanoia appropriée. Elle est donc une communication, davantage qu’un canon. Si on remet le contexte historique, vous vous souvenez qu’en 1937 la société roumaine voulait une droite radicale et anti maçonnique. BOR a juste fait passer une décision pour aller dans le sens du vent, comme d’habitude.
Je peux témoigner à titre personnel, de la bienveillance de BOR à l’égard des maçons, et de l’hostilité de BOR vis-à-vis de ceux qui les dénonçaient. Encore une fois, on pourra parler d’actes isolés. On peut également aussi hausser la vision et l’analyse et voir une réalité. BOR est très liée avec Constantinople, infiltrée de maçons depuis 1923. BOR est très liée à un pouvoir séculier dont il est compliqué de dire si la franc maçonnerie a toujours une influence équivalente à ce qu’elle fut à l’époque de Miron Cristea. Le pouvoir s’exerce par des réseaux. Autrefois maçonniques, ces réseaux de pouvoir ne sont plus forcément aussi liés aux loges. Aujourd’hui le pouvoir effectif est lié aux médias, au forum économique de Davos, aux groupes internationaux de types Bilderberg. La franc maçonnerie semble être dans cette évolution du satanisme en réseau, la méthode des grands pères. Aujourd’hui l’influence de la maçonnerie est difficile à évaluer dans la société roumaine et dans l’appareil d’état roumain. La maçonnerie roumaine ne peut donc pas être un critère de légitimation ou délégitimation pour trouver en Roumanie, un véritable évêque orthodoxe. Prenons donc un autre critère.

BOR et le COVID
Le covid. Ce n’est pas un critère dogmatique, mais si l’Eglise vous invite à vous vacciner ou pas, c’est un indicateur puissant pour voir qui gouverne l’Eglise. BOR s’est d’abord opposé aux mesures restrictives pendant la plandémie, et une fois obtenues quelques dérogations pascales a appuyé tout ce que faisait le gouvernement. Un sondage a donné 60% de croyants qui auraient aimé davantage d’autonomie de BOR face à l’état roumain et le synode a alors manifesté quelques réserves sur le caractère nouveau du vaccin. BOR est donc très attentif à son public sur le terrain. Le patriarche Daniel a néanmoins publié une brochure à ses ouailles déclarant « Vaccinarea împotriva COVID-19 în România. Gratuită. Voluntară. Sigură. » « la vaccination contre le COVID-19 en Roumanie. Gratuite, volontaire, sûre ». Le porte-parole de BOR a donc fait visiteur médical sur les plateaux télé pour appeler la population à se vacciner.
A côté, et je maintiens que cela n’est pas un problème dogmatique, le synode vétéro calendariste de Roumanie a interdit de façon très claire la vaccination à ses ouailles. Les stil vechi ont donc privilégié la santé de leurs ouailles plutôt que d’obéir servilement aux autorités. Ce problème non dogmatique a eu néanmoins quelques implications dogmatiques dans le domaine liturgique : comment donner la communion, comment gérer le problème de la petite cuillère dans le cadre d’une soi-disant pandémie ? Il est intéressant de voir que dans une paroisse roumaine dépendant directement d’un évêque, le calice était désinfecté carrément avec une flamme de façon à tuer tout microbe ou bactérie j’imagine. Ceci renvoie à la vision liturgique du calice. Est-ce que le calice peut être le vecteur d’une maladie réelle ? Pour certaines personnes dans BOR, oui. Et ceci permet de conclure sur ce qu’est BOR. Une église du monde. Une église qui prend ses ordres des laboratoires, des gouvernants, des communistes, de tous ceux qui sont en position de pouvoir. Mais la question maintenant pour ceux qui sont en Roumanie, est de savoir si les stil vechi sont un synode digne de ce nom. Car bien se comporter pendant le covid ne dit rien de l’orthodoxie de la doctrine. Sinon, on pourrait devenir évangélique, car la plupart se sont comportés admirablement pendant le covid. Cette question est en dehors du scope de ce texte qui s’adresse à un public francophone. En France, certes l’offre VCO est modeste si je puis m’exprimer ainsi, mais elle existe. En faisant ce choix exigeant vous aurez probablement une vie liturgique moins dense, mais vous aurez un évêque orthodoxe, vous serez dans l’Eglise et dans la vérité.
Le patriarche Daniel
Je n’ai pas encore parlé du patriarche Daniel, l’actuel patriarche de BOR. Le sénateur Ion Solcanu, sénateur PSD, notait à quel point ce patriarche, lorsqu’il était métropolite de Iasi avait aidé à convaincre les roumains lors du référendum d’octobre 2003 qui portait sur l’adhésion de la Roumanie à l’UE, à l’OTAN, ainsi que diverses dispositions juridiques pour permettre l’adhésion de la Roumanie à l’UE. Il ne s’agit pas ici de spéculer sur les idées politiques de Daniel, mais plutôt de constater qu’il avait appuyé le pouvoir en place, pouvoir qui proposait ce référendum au peuple roumain. Le référendum avait été proposé par le premier ministre Adrian Nastase, qui se souvenait comment Daniel avait fait des déclarations pendant la liturgie, appelant les roumains à voter favorablement. Daniel est ici représentatif de cette constante de l’alignement de BOR sur les besoins du pouvoir en place.
Daniel Ciobotea est né en 1951 dans le judet de Timis. Il rentre au séminaire de Sibiu en 1970 puis part faire son doctorat à Bucarest en 1974. Son directeur de thèse est Dumitru Staniloae. Il étudiera également deux ans chez les protestants à Strasbourg et chez les catholiques à Freiburg. Inutile de rappeler, qu’à cette époque, il faut que les communistes approuvent votre sortie du territoire. Il est nommé pour participer à différentes rencontres œcuméniques ce qui l’amène à voyager à l’international. Il embrasse le monachisme en 1987 au monastère de Sihastria, avec le père Cleopa comme parrain de monachisme. Seulement trois ans plus tard, en 1990, il est fait évêque vicaire du métropolite de Timisoara, et devient quelques semaines plus tard métropolite de Moldavie. A partir de 1992 il occupe également un poste de professeur à la faculté de théologie de Iasi. Parallèlement il continue à superviser toutes les actions de BOR pour l’œcuménisme.
Le CNSAS, la commission qui étudie les archives de la police politique communiste a constaté que le dossier de Daniel Ciobotea avait été détruit en 1989. Lorsqu’il est interrogé sur l’attitude de BOR pendant le communisme, il répond, tel un jésuite : « qu’une distinction claire doit être faite entre la coopération, au profit de l’Église et des fidèles, et la collaboration, au détriment des tiers et de l’Église. » Un peu plus loin dans l’interview il ajoute : « Le contexte de la dictature ne doit pas être simplement ignoré. L’Église a dû lutter pour sa survie dans les conditions les plus difficiles. Le grand nombre de martyrs en témoigne. Dans le même temps, la coopération avec le système a permis d’éviter que la situation ne s’aggrave. Il était impossible pour l’Église de ne pas coopérer avec l’État totalitaire »
Je rappelle que ceci ne correspond à aucune attitude de hiérarques et de saints pendant les grandes persécutions du passé. Jamais Athanase, Cyrille, Basile, Jean Chrysostome n’ont collaboré avec les adversaires de l’Eglise. Toute l’histoire de l’Eglise orthodoxe témoigne de l’exact contraire de ce que déclare Daniel ici. Le journaliste Mircea Dinescu, révolutionnaire de la première heure en 1989, présent dans le studio de télévision pendant les événements de décembre 1989 a eu accès aux archives de la Securitate avant que le dosser de Daniel ne soit détruit. Il a déclaré avoir vu le nom du futur patriarche dans les collaborateurs. Il a déclaré qu’au total 16 dossiers ont été détruits. Beaucoup de roumains murmurent que Daniel est franc maçon. Impossible à dire. Il faut laisser le temps aux historiens de travailler. Ce qui est sûr est que Daniel, comme les autres, a collaboré et a théorisé de façon à justifier sa collaboration. Ce que nous constatons est qu’il joue ce jeu incestueux avec le pouvoir : je te favorise et tu me subventionnes. Il ne s’agit plus ici de symphonie byzantine, nous sommes dans autre chose. En 2005, le département national anticorruption révélait qu’un poste de prêtre se monnaye auprès d’un évêque environ 3 à 5000 euros. Un poste dans une grande ville monte à 15000 euros et à Bucarest on parle de 40 à 50 000 euros. Généralement, le prêtre rentre dans ses frais en deux ans environ. Ceci est tiré d’un article du magazine cotidianul du 3 octobre 2006. Je ne sais pas si Daniel en croque, tout en haut, comme un parrain de la mafia. Mais à minima, il laisse faire ça. Cette église est un cloaque d’une puanteur sans pareille. Et surtout on imagine avec le temps, l’effet désastreux que cela peut avoir sur le peuple roumain, conscient de ces agissements. Sa piété est grande mais cette schizophrénie spirituelle ne peut durer éternellement. Les exemples des évêques encouragent bien évidemment des prêtres à se départir de leur mission. Les scandales s’accumulent : ici un prêtre qui endette son monastère de 60 000 euros pour avoir joué au casino. Ici un responsable diocésain qui se paie une maison avec les dons des fidèles. Comment BOR peut espérer avoir des prêtres dignes de ce nom, avec un synode de ce type ? c’est tout simplement impossible.

BOR face aux VCOs
Nous allons finir cet article en regardant les relations qu’entretient BOR avec les VCOs. Il y a les relations que BOR entretient à l’étranger, en France par exemple et les relations de BOR, sur son territoire naturel, vis-à-vis des principaux VCOs : le synode basé à Slatioara. Ces relations sont de nature comparable : il s’agit d’une condamnation profonde, sans équivoque et sans nuance. BOR, fervent partisan de l’œcuménisme et des rencontres faites dans un esprit d’ouvertures demande à ses ouailles de ne surtout pas rencontrer, fréquenter ou échanger avec les VCOs. Nous sommes catégorisés comme des gens orgueilleux et n’ayant rien compris. Vous rendez vous compte du niveau d’orgueil qu’il convient d’avoir laissé croître en soi pour considérer de ne pas devoir obéir aux décisions prises par des francs-maçons. C’est effectivement atroce.
Il n’y a pas de déclaration officielle de BOR concernant ce sujet. Il y a néanmoins quelques articles relayés sur le site doxologia et un livre traitant de ce sujet, dont l’auteur est Radu Petre Muresan, prêtre à Bucarest et conférencier à la faculté de théologie de Bucarest. Il a participé à la chaine de télévision de BOR, Trinitas TV. Ainsi, on peut considérer que ce qui émane de ces articles et de ce livre constitue une forme de position officielle, même si elle n’est pas relayée par une décision officielle du patriarcat. Probablement qu’il s’agit pour BOR d’un non sujet.
L’article du site doxologia est le suivant : https://doxologia.ro/stilistii-sunt-departe-de-canonicitatea-bisericii-noastre-ortodoxe. Il s’agit d’une interview d’un prêtre, le Père Ionel Doru. A la première question, qui sont les VCOs, le père Ionel répond : « Les stylistes constituent une communauté religieuse minoritaire, séparée du corps de notre Église en raison du refus de la réforme du calendrier réalisée par le Patriarcat roumain en 1924. Elle est apparue et s’est structurée jusqu’à aujourd’hui comme un mouvement rigoureux, avec un impact et une influence bien plus grands en Moldavie. Mal informés et manipulés, les croyants stylistes se croient à tort être les vrais croyants orthodoxes, alors qu’en réalité leurs hiérarques et eux-mêmes sont en schisme et en désobéissance vis à vis de notre Sainte Église. Il faut dire très clairement que, malheureusement, les évêques et les prêtres stylistes n’ont pas de sacerdoce effectif et leurs sacrements sont nuls. Concernant la question des différences entre les stylistes et nos croyants, il faut surmonter la confusion entre le vêtement extérieur du stylisme, qui semble identique à celui de notre Orthodoxie, et ils doivent être conscients qu’il y a une distance du ciel à la terre entre eux et nous, quand il s’agit du cœur de la foi. »
Dans mes interactions avec les prêtres du monde officiels, il revient souvent que la position des VCOs de considérer la grâce comme absente de leurs sacrements et de leurs liturgies était vue comme une position manquant de souplesse et de profondeur théologique. On voit que le Père Ionel, nous concernant ne fait pas dans la dentelle. Celui dont les patriarches furent franc maçons et communistes voit les stylistes roumains comme des gens manipulés et crédules. C’est assez savoureux.
La journaliste demande alors si l’on peut se rendre dans leurs églises, et participer à leurs offices. Le Père Ionel répond : « - Absolument pas ! Car ce ne sont pas des lieux saints et sanctifiés, mais leurs offices sont vides, sans aucune grâce effective ! Et pourtant, on se rend compte de la difficulté que comporte cette réponse sur le terrain, par exemple là où une paroisse orthodoxe cohabite au niveau local, aux côtés de stylistes. Ceci est aggravé lorsque les stylistes, profitant de la ressemblance extérieure avec l’Orthodoxie, de certains vices de la législation, de l’esprit de tolérance incompris, font des collectes financières auprès de nos croyants et construisent leurs églises et monastères. Ce n’est pas une situation très agréable. »
Il est ici abordé le volet financier des choses. BOR, soumise au pouvoir, bénéficie de ses largesses financières. Ici un terrain cédé, ici une exonération fiscale. Les VCOs ne bénéficient pas de ces largesses. Tout ce qu’ils ont bâti a été financé de leurs propres deniers. Ce n’est pas une situation très agréable certes, mais elle a le mérite de la clarté.
La journaliste fait ensuite remarquer que ce calendrier julien est pourtant encore en usage en Russie, en Serbie, à l’Athos. Le Père Ionel répond : « - Le problème de la correction du calendrier n’a pas été entièrement résolu jusqu’à aujourd’hui dans l’Orthodoxie universelle. Le Congrès interorthodoxe de Constantinople, à partir de 1923, décida par consensus de corriger le calendrier des Églises orthodoxes sœurs, chaque Église nationale décidant du moment favorable. C’est ainsi que la plupart des Eglises nationales ont adapté leur calendrier, à l’exception de quelques-unes, dont celles que vous avez mentionnées, les orthodoxes serbes, russes, celles du Saint Mont Athos, sont encore sur l’ancien style, car elles n’ont pas trouvé le moment adéquat pour ajuster le calendrier, mais ils sont en communion avec les Églises orthodoxes qui ont adopté le nouveau style, donc aussi avec nous, et ils considèrent les stylistes comme schismatiques et séparés de l’Église. Il faut dire ici que l’unité de l’Orthodoxie universelle est assurée par la détermination de toutes les Églises orthodoxes sœurs à célébrer ensemble la Résurrection du Seigneur d’après l’ancienne Pâque, jusqu’à ce que tous les peuples orthodoxes puissent corriger leur calendrier. Grâce à ce consensus, la crise d’identité des stylistes du monde entier s’est aggravée et continue de s’approfondir. ». Il est intéressant ici de voir, que le père Ionel considère BOR à l’avant-garde d’un mouvement nécessaire : celui de la correction du calendrier. Toutes les églises devront, tôt ou tard se conformer à cette réunion de 9 personnes qu’on ose appeler un concile panorthodoxe. Ainsi l’Athos ou la Russie sont vus comme des gens en retard sur un processus dans lequel la Roumanie fait bonne figure. Les VCOs du monde entier ont certes bien des sujets de dispute, mais le calendrier n’en fait absolument pas partie. Il n’y a pas de crise d’identité des VCOs à ce sujet.
Plus loin dans l’interview la journaliste relate une anecdote : « Quelqu’un a raconté qu’elle avait rencontré un moine venant d’un monastère de stylistes, qui lui avait conseillé de participer à un nouveau baptême afin de passer parmi les chrétiens styliste. Comment est-ce possible ? » Le Père Ionel répond : « Les stylistes se sont éloignés de notre Église principalement à cause du redressement du calendrier, y voyant une intention de catholiciser la nation roumaine. C’est pourquoi, pour des raisons confessionnelles, l’Orthodoxie universelle a longtemps retardé la résolution de ce problème. Cependant, en chemin, les stylistes, de plus en plus rigoureux, ont trouvé chez nous de nombreux sujets de controverse, essayant d’apparaître par rapport à nous comme des puritains orthodoxes. Ils devinrent ainsi une sorte de pharisiens, dans l’idée qu’eux seuls respectaient à la lettre des canons de l’Église, faisant du calendrier une véritable « idole » et du Pedalion la deuxième Bible. Il n’est pas surprenant qu’ils aillent jusqu’à considérer qu’il est nécessaire d’administrer un nouveau baptême à nos croyants. Cela prouve une fois de plus à quel point ils sont éloignés de la canonicité de notre Église orthodoxe. Précisément, les canons de l’Orthodoxie universelle attestent de la pratique de ne jamais répéter le Saint Baptême, même à l’égard des schismatiques et des hérétiques, à condition qu’il soit célébré au nom de la Très Sainte Trinité, la confession de la foi orthodoxe et le scellement du Saint-Esprit à travers l’administration du Mystère de la Sainte Myrrhe. »
Pour ceux qui ne le savent pas, le Pedalion est un recueil canonique, compilant les canons de l’Eglise ainsi que les commentaires de saint Nicodème de la sainte Montagne. Il est assez récent, puisqu’il date de 1908. Le double standard est ici manifeste : d’un côté nos sacrements sont nuls, et donc nos baptêmes sont nuls, et il ne faut pas considérer les canons comme une seconde Bible, mais là justement, le père Ionel convoque les canons qui justement témoignent du fait que le baptême est plus compliqué que cela. Les saints Pères avaient considéré que le baptême conféré par certains hérétiques était valide, et qu’une simple confession de foi orthodoxe pouvait être suffisante. Considérant les VCOs comme rien, il s’offusque ici que les VCOs, en miroir, considèrent parfois que le baptême du monde officiel soit sans valeur. Cela est laissé à la discrétion de l’évêque et c’est lui qui en répond devant Dieu. Ne complexifions pas le propos pour sa vision simpliste, et ne rappelons pas qu’à l’Athos, dans le monde officiel, beaucoup de moines sont partisans de refaire le baptême dans son intégralité, pour ceux qui viennent du monde romain ou protestant, alors que les romains et les protestants sont pourtant des trinitariens convaincus.
A la question « faut-il dialoguer avec les stylistes » le père Ionel répond : « - En général, le dialogue avec les stylistes est très difficile, c’est pourquoi je ne le recommande même pas aux croyants. Un conseil du Père Arsenie Papacioc visant à éviter les discussions avec les sectaires est également valable pour eux. Comme pour les sectaires, l’endoctrinement des stylistes est tout aussi pathologique ; ils ont la psychologie de ceux que l’enseignement professé ne libère pas, mais emprisonne. Comment discuter avec des gens qui pensent être dépositaires de vérités absolues, qu’ils veulent imposer aux autres sans condition ? ». Ici la poutre et la paille est tellement évident que je ne le mentionne pas davantage. Je tiens néanmoins, à nouveau, à montrer le décalage avec cette église roumaine officielle qui propose de ne pas dialoguer, et les saints pères qui répondaient aux hérétiques, qui débattaient, qui organisaient des débats, etc. BOR ne veut pas débattre, parce que BOR ne peut rien argumenter sur le sujet. BOR ne veut pas voir étaler les problèmes liés à la maçonnerie et les circonstances historiques de l’époque qui ont mené à ce désastreux changement de calendrier. S’il y a quelque chose de pathologique, c’est bien cela.
La dernière question de la journaliste est une remarque : « Il est obligatoire pour le clergé et les croyants de suivre le style de l’Église locale sur le territoire de laquelle ils se trouvent. ». C’est-à-dire que les roumains peuvent fêter Noël le 25 décembre du calendrier grégorien, et le fêter de nouveau en Serbie le 7 janvier du même calendrier. Cela est absolument ridicule. Le père Ionel répond et conclut : « Notre Église n’a pas procédé seule à l’adoption du calendrier grégorien, avec son adoption par l’État, en 1919, mais seulement après le Congrès interorthodoxe de Constantinople, en 1923, qui a décidé de corriger également le calendrier dans les Églises orthodoxes, en supprimant la différence de 13 jours, par laquelle le calendrier julien était en retard par rapport au bon (c’est-à-dire le 21 mars, au lieu du 8 mars, où le calendrier julien était arrivé). La date de l’équinoxe de printemps, le 8 mars, est ramenée au 21 mars, correspondant au calendrier solaire, tel qu’établi par les Pères lors du 1er Concile œcuménique de Nicée (325). Cependant, il existe encore quelques Églises orthodoxes qui maintiennent le calendrier julien non corrigé, comme le Patriarcat de Jérusalem, l’Église russe et l’Église serbe, ainsi que les monastères du Mont Athos, à l’exception de Vatopedi. Afin de ne pas briser l’unité de l’Église orthodoxe, les dirigeants des Églises orthodoxes, réunis lors de la Conférence panorthodoxe à Moscou en 1948, ont décidé que, afin de maintenir et de renforcer l’orthodoxie, toutes les Églises devraient célébrer Pâques à la même date, le dimanche, mais pas en même temps que la Pâque juive, étant donné que la Pâque alexandrine satisfait pleinement à cette exigence de l’Église. Ainsi, il a été établi que toutes les Églises orthodoxes célèbrent Pâques seulement après l’ancienne Pâques, jusqu’à ce que toutes les Églises orthodoxes sœurs adoptent le calendrier julien corrigé, et en ce qui concerne les jours fériés fixes, chaque Église autocéphale devrait utiliser le calendrier dont elle dispose. Dans le même temps, la Conférence de Moscou considère qu’il est obligatoire pour le clergé et les fidèles de suivre le style de l’Église locale sur le territoire de laquelle ils se trouvent.
L’attitude et l’exemple des Églises orthodoxes qui n’ont pas encore adopté le calendrier fixe ont encouragé un certain nombre de croyants de notre pays et d’autres Églises orthodoxes à conserver l’ancien style, d’où le nom qui leur a été donné de stylistes. Ils se sont regroupés autour de quelques moines fanatiques, discutant avec discipline et ignorant les réalités dont l’Église a tenu compte lorsqu’elle a adopté le calendrier corrigé. Les stylistes font du calendrier le centre de leur doctrine religieuse et de leur vie, considérant que le salut ou la damnation éternelle ne dépendent pas de l’exactitude de l’enseignement de la foi et de l’accomplissement des commandements de l’Église, mais de l’observance du « calendrier sacré », qui est l’ancien. Ils re-consacrent et re-consacrent ceux qui adhèrent au style, ils consacrent les églises sans antimansion et sans prêtre, ils célèbrent les funérailles et la liturgie sans prêtres, etc. »
Il est intéressant de constater que le Pedalion ne doit surtout pas être une seconde Bible, mais la réunion de 9 personnes en 1923 sous la présidence d’un patriarche franc maçon, et la réunion organisée par les soviets en 1948, ont elles une autorité certaine. C’est assez fascinant à constater. Ici le père Ionel caricature bien évidemment la position des VCOs, même si en Roumanie, puisque cela est le sujet de discorde, le calendrier tient une place importante. Il aborde ensuite un point crucial : sans moyens étatiques, les VCOs roumains ne sont pas présents sur tout le territoire. Il y a donc des déserts liturgiques. Il y a donc beaucoup d’offices domestiques et de funérailles qui se déroulent sans prêtres. C’est la dure réalité de l’orthodoxie aujourd’hui. Même en Roumanie, pays qui bénéficie du plus grand synode vco du monde, il y a des pans entiers du territoire qui sont sans présence de l’Eglise.
Le livre du père Muresan est du même acabit. Il commence par présenter le problème du calendrier sous un angle exclusivement astronomique puis rappelle l’autorité des rencontres de 1923 à Constantinople et de 1948 à Moscou. Il n’est jamais répondu aux arguments VCOs concernant les appartenances maçonniques de 1923 et le problème du communisme en 1948. Il suffit que quelqu’un ait le titre de patriarche pour que, magiquement, ses décisions deviennent normatives. Alors que bien évidemment l’autorité découle de la foi et non l’inverse. Dieu merci les saints Pères de la haute antiquité et du moyen âge n’ont pas regardé les titres des hérétiques pour les considérer hérétiques mais bien leur doctrine. Le père Muresan devrait se souvenir que Nestorius était patriarche de Constantinople et pourtant les chrétiens authentiques ont refusé d’écouter son enseignement car il n’était pas chrétien. Le père Muresan devrait se souvenir que les sièges d’orient ont désavoué le patriarche de Rome, la plus grande autorité de l’Eglise lorsque celui est devenu hérétique sur son ecclésiologie et sur la procession du Saint-Esprit. Ainsi, il n’était pas très compliqué de ne pas écouter les décisions de pseudos conciles tenus par des franc maçons ou organisés par des communistes.
Ensuite, sans dire un seul mot sur la terrible répression que les pieux croyants roumains ont souffert pour garder la foi des ancêtres, le père Muresan semble à mi mots la comprendre, puisqu’il nous cite un extrait du code civil de 1864, alors en vigueur : « ceux qui, par l’un des moyens énumérés (paroles prononcées en public, cris, documents authentiques ou publics, écrits, estampes, dessins, gravures, emblèmes vendus ou exposés à la vente, distribués en public) provoqueront directement la désobéissance aux lois ou à les autorités constituées, au mépris de la religion dominante ou d’autres religions, en haine ou en mépris du gouvernement seront punies d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 500 à 5 000 lei. ». Ceci était les articles 294 et 181 L’article 210 quant à lui rappelait : « ceux qui empêcheront, interdiront ou mettront fin à l’accomplissement des devoirs d’une religion, par des troubles ou désordres dans l’église, ou dans tout autre lieu décidé à cet effet, seront punis d’un emprisonnement de 15 jours à un mois, et d’une amende de 26 à 200 lei ». Alors je ne savais pas que ne pas venir à l’Eglise constituait un délit, surtout lorsqu’elle devenait la marionnette des loges. Le père Muresan ne réussit simplement pas à nous faire comprendre qu’il y a bien eu une gravissime différence entre les action des stylistes et les persécutions qu’ils ont subi au simple regard de la loi.
Son ouvrage reprend également la théorie de la gendarmerie roumaine de 1936 : les VCOs roumains seraient une création russe pour déstabiliser la Roumanie, une sorte de cinquième colonne bolchévique. N’étant étouffé par aucun scrupule, il s’étonne de la relative tranquillité qu’ont vécu les VCOs roumains pendant le communisme, pendant que l’Eglise officielle produisait selon lui des martyrs à un rythme industriel. C’est tout de même phénoménal, d’avoir une église dont le synode a collaboré à ce point, qui a collaboré mais qui a également produit la théologie qui soutient sa collaboration, d’avoir un synode de cet acabit et de regarder les VCOs comme des collaborateurs. S’il y a bien une structure qui ne peut pas accuser quiconque d’avoir collaboré avec les communistes, c’est bien BOR. Mais répondons sur cette tranquillité des VCOs pendant la période communiste. Le père Muresan fantasme une proximité entre Ana Pauker et les VCOs roumains qui serait à l’origine de cette tranquillité. Les archives de la Securitate racontent une autre histoire. Les travaux académiques de Lavinia Stan et Lucian Turcescu montre que les VCOs, comme les autres minorités religieuses ont été traité de façon répressive. Il y a eu des arrestations, des campagne de dénigrement, comme pour les catholiques ou les néo protestants. Les VCOs eux-mêmes ayant vécu cette période témoignent d’avoir été suivi, écoutés, infiltrés, surveillés. Le chercheur Dennis Deletant a montré dans ses recherches comment la police politique roumaine avait systématiquement infiltré les mouvements religieux différents de BOR pour exacerber les tensions internes et conduire à toujours plus de division. Ceux qui ont étudier l’histoire de l’Eglise Russe Hors Frontières connaissent bien cette façon de faire des communistes. Katherine Verdery a mené une étude sous un angle davantage économique et a montré comment les VCOs roumains étaient exclus économiquement et socialement, de la même façon que les catholiques et les protestants. Là aussi, son étude se base beaucoup sur les témoignages des VCOs roumains. Si le père Muresan avait un peu étudié la question, il aurait pu s’abstenir de mentir. Mais ce n’est pas la vérité qui l’intéresse. C’est de produire une réalité alternative, un voile sur la réalité des VCOs, de leur histoire et de celle de BOR. Bref, son ouvrage n’est que l’énième manifestation de la médiocrité de BOR et de son besoin pathologique de mentir pour défendre l’indéfendable.
Conclusion
Le moment est venu de conclure cette longue étude. L’Eglise orthodoxe en Roumanie plonge ses racines dans l’orthodoxie la plus irréprochable. Historiquement dans l’ombre d’un patriarcat de Constantinople sous domination ottomane, l’Eglise roumaine, à l’unisson de sa nation, a pu gagner son autonomie, au fur et à mesure de la libération des occupations turques, russes et austro-hongroises. La Roumanie est historiquement consubstantielle de la foi orthodoxe. C’est la grande force de l’église officielle. Ceci lui permet d’usurper la place de la vraie église orthodoxe, éclipsée par un synode que nul chrétien ne peut reconnaître comme étant orthodoxe. Ce synode est la quintessence du sergianisme, c’est-à-dire d’une église instrumentalisée pour les besoins d’un état. Ce synode est tellement sergianiste, que l’on devrait créer le néologisme « mironiste » pour faire référence au patriarche Miron. Je rappelle que Miron n’a pas seulement collaboré activement avec le pouvoir séculier, il a lui-même exercé les plus hautes fonctions politiques. Si on peut résumer l’histoire de ce synode, il a connu trois grandes phases. D’abord la phase maçonnique, avec les patriarches Miron et Nicodime, qui avait pour but de rattacher la Roumanie à l’occident et au catholicisme romain. Ceci était le but des élites politiques et maçonniques roumaines de l’entre-deux guerres. Les anticorps de la nation roumaine furent la création d’un synode VCO toujours existant aujourd’hui, ainsi qu’une réaction de droite nationale avec la figure historique de Cornelius Codreanu. Que ce soit les VCOs roumains ou Codreanu, d’un certain point de vue, à l’échelle de la nation roumaine, leur action est un échec. Ce sont les circonstances historiques et la seconde guerre mondiale qui ont rendu impossibles la manœuvre maçonnique de réunion avec Rome. Puis la position géographique de la Roumanie l’a enfermé dans le bloc soviétique, ce qui a permis à BOR de rentrer dans sa seconde phase sergianiste historique. BOR a refusé le martyre qui est le destin du chrétien sérieux sous la persécution, mais a choisi la collaboration avec le Satan communiste, et a transformé l’Evangile en une prédication de théologie morale et de soumission aux autorités athées et antichrétiennes. Et enfin, depuis la chute du communisme, BOR a entamé sa troisième phase sergianiste de soumission et d’instrumentalisation par l’état : à l’unisson avec des élites politiques alignées sur les intérêts euro-atlantistes, BOR accompagne la lente mutation qu’implique d’avoir une Roumanie sur cet axe idéologique. Le monde orthodoxe officiel est aujourd’hui déchiré entre Constantinople et Moscou, des églises également totalement sergianistes. Constantinople est la marionnette de Washington et le patriarcat de Moscou est la marionnette du Kremlin. Bucarest a bien évidemment choisi de s’aligner sur Constantinople, parce que l’état qui la finance - et lui confère sa légitimité auprès d’un peuple dupé par le spectacle - est aligné sur Washington. Quel est malgré tout ceci, l’impact de BOR dans la population roumaine ? Il convient de bien différencier le clergé de terrain, les moines, et ce synode de brigands. Il existe une multitude de prêtres, de moines, qui accomplissent une mission pastorale d’une grande qualité et d’une grande probité. Il y a tout un ensemble de personnes dans BOR qui sont des chrétiens orthodoxes d’une grande qualité et d’une grande stature. Il y a de grands théologiens. Le Père Dumitru Staniloae en fait indubitablement partie. Il n’en reste pas moins, et c’est peut-être le plus tragique lorsque l’on pense à ces carêmes rigoureux, à cette assiduité aux offices, aux prières ferventes, aux processions sincères, aux confessions complètes, aux liturgies superbes : la Roumanie est l’otage d’une fausse église, parce que dans l’orthodoxie l’évêque est un personnage clé. Aussi bon puisse être le prêtre que le citoyen roumain va avoir, et Dieu sait qu’il y a de bons prêtres, si l’évêque n’est pas orthodoxe, et bien il n’est pas dans l’Eglise que le Christ a fondé il y a 2000 ans sur le chemin de Jérusalem sur la profession de foi de saint Pierre. En Roumanie, le spectacle de cette église est tellement présent, tellement fort, tellement évident, qu’il est presque impossible d’échapper à son sortilège malfaisant et d’aller voir un véritable évêque, professant une foi droite. Mais en France, et dans tous les pays d’Europe de l’Ouest, la situation est peut-être un peu plus simple. Vous voyez avec ces superpositions d’évêques et de juridictions, vous voyez avec cet œcuménisme plus massif, que ce synode est une supercherie spirituelle, une impasse historique et une fraude morale. Cherchez les VCOs autour de vous et rattachez-vous à un évêque sérieux, et demandez à devenir catéchumène si vous n’êtes pas déjà orthodoxe. Bienvenue dans les catacombes.